Le texte du livre VI Source antique
Les chapitres 13 à 20 du livre VI constituent une excursion « ethnographique » consacrée aux mœurs des Gaulois et des Germains. César y décrit successivement : la division de la société gauloise en druides et chevaliers (13), les fonctions des druides — juridiques, religieuses, éducatives (13–14), leur doctrine de l'immortalité de l'âme (14), les dieux gaulois (17), le sacrifice (16), et les coutumes des Germains par contraste (21–24)1.
Ce qu'on apprend Analyse
Le texte de César fournit des informations irremplaçables : l'assemblée annuelle des druides dans le pays des Carnutes, l'élection d'un archidruide, la formation de vingt ans, le refus de l'écriture, l'exemption de service militaire et d'impôts, la juridiction sur les conflits entre cités. Aucune autre source ne donne une vision aussi structurée de l'institution druidique2.
Les limites de César Analyse
César écrit en tant que général romain en campagne, pas en anthropologue. Son texte obéit à des objectifs politiques : impressionner le Sénat par la difficulté de sa conquête, présenter les Gaulois comme suffisamment civilisés pour mériter d'être intégrés à l'Empire, mais suffisamment barbares (sacrifices humains) pour justifier l'intervention. La comparaison avec les Germains, systématiquement présentés comme plus primitifs, sert à faire des Gaulois un peuple « intermédiaire »3.
César a aussi pu s'inspirer de sources grecques antérieures (Poseidonios d'Apamée) et les adapter. Le degré d'originalité de son témoignage fait l'objet de débats.
L'héritage du texte Postérité moderne
Le texte de César a été la base de presque toute la littérature sur les druides, de la Renaissance à nos jours. C'est à travers César que les humanistes, les romantiques puis les historiens modernes ont construit leur image du druide. Le risque est de prendre cette source unique pour la vérité complète, alors qu'elle n'offre qu'un regard extérieur, partiel et intéressé4.