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Le calendrier de Coligny

Découvert en 1897 à Coligny (Ain), le calendrier gaulois est une table de bronze fragmentaire qui constitue le plus long texte en langue gauloise. Il révèle un système luni-solaire sophistiqué et offre un rare aperçu de la conception celtique du temps.

Relu par le comité éditorialPublié le 9 juillet 2026Lecture ≈ 7 min

La découverte Archéologie

En novembre 1897, des fragments d'une grande table de bronze furent mis au jour à Coligny, dans le département de l'Ain, accompagnés d'une statue de Mars. Les fragments, au nombre de cent cinquante environ, furent reconstitués au musée gallo-romain de Lyon. Le tableau reconstitué mesure environ 1,48 m sur 0,90 m et porte un calendrier couvrant une période de cinq ans (un lustre gaulois)1.

Grande plaque de bronze fragmentaire couverte de colonnes de texte gaulois gravé
Les fragments remontés du calendrier de Coligny (musée Lugdunum, Lyon), plus long texte connu en langue gauloise. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Un système luni-solaire Analyse

Le calendrier de Coligny est un calendrier luni-solaire : il suit les phases de la lune (mois de 29 ou 30 jours) tout en maintenant la concordance avec l'année solaire grâce à des mois intercalaires. Le cycle de cinq ans comprend soixante-deux mois lunaires plus deux mois intercalaires, soit un total remarquablement proche de cinq années solaires2.

Chaque mois est divisé en deux quinzaines : la première (jours 1 à 15) et la seconde (jours 1 à 14 ou 15), séparées par la mention ATENOUX, interprétée comme la « nuit de retour » — probablement la pleine lune. Cette structure confirme le témoignage de Pline selon lequel les Gaulois comptaient par nuits plutôt que par jours, et commençaient leurs mois et années par la phase obscure de la lune.

Les termes gaulois Analyse

Le calendrier est rédigé en langue gauloise, en alphabet latin. Les mois portent des noms gaulois : Samonios (rapproché de Samain), Dumannios, Rivros, Anagantios, Ogronios, Cutios, Giamonios (rapproché de giamos, hiver), Simivisonnios, Equos, Elembivios, Edrinios, Cantlos. Certains jours sont marqués MAT (bon, favorable) ou ANM (anmat, défavorable)3.

᚛ Pline, Histoire naturelle, XVI, 250

« Ce n'est pas au début du jour, mais de la nuit que les Gaulois commencent leur compte. »

Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XVI, 250 — traduction de travail Nemeton.

Signification religieuse Analyse

La mention de jours fastes et néfastes suggère que le calendrier avait une dimension religieuse : il servait à déterminer les dates propices aux rituels, aux assemblées et aux activités importantes. C'est précisément la fonction que César attribue aux druides, gardiens du calendrier et arbitres du temps sacré4.

Notes & références

  1. Joseph Monard, Le calendrier gaulois de Coligny, Paris, 2000.
  2. Garrett Olmsted, The Gaulish Calendar, Bonn, Rudolf Habelt, 1992.
  3. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Paris, Errance, 2003.
  4. César, La Guerre des Gaules, VI, 13–14.

Méthode & prudence

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