Une plante singulière Analyse
Le gui (Viscum album) est une plante hémiparasite qui vit fixée aux branches d'arbres à feuilles caduques ou de conifères. Il reste vert toute l'année, y compris quand l'arbre-hôte a perdu ses feuilles, ce qui lui confère une apparence de vitalité inaltérable. Ses baies blanches translucides mûrissent en hiver, à contre-saison. Il ne touche jamais le sol et semble « tombé du ciel », selon l'expression de Pline1.
Le gui de chêne est particulièrement rare : la plante se développe bien plus souvent sur le pommier, le peuplier ou le tilleul. Cette rareté même renforçait, selon Pline, le caractère sacré de la découverte.
Le texte de Pline Source antique
Le passage le plus célèbre sur le gui se trouve dans l'Histoire naturelle de Pline (XVI, 249–251). Les druides y cueillent le gui le sixième jour de la lune, sur un chêne, avec une serpe d'or, après avoir sacrifié deux taureaux blancs. Pline ajoute que les druides appelaient le gui d'un nom signifiant « celui qui guérit tout » (omnia sanantem), et qu'ils lui attribuaient la vertu de rendre féconds les animaux stériles et de servir d'antidote universel2.
Ce texte est analysé en détail dans l'article consacré à la cueillette du gui.
Le gui dans les textes insulaires Analyse
Les textes irlandais et gallois ne mentionnent pas explicitement le gui comme plante sacrée, ce qui a conduit certains spécialistes à souligner le caractère possiblement continental et limité du rite décrit par Pline. L'absence du gui dans la tradition insulaire pourrait s'expliquer par des raisons écologiques (le gui est plus rare dans les îles Britanniques) ou par le hasard de la transmission textuelle3.
Le gui dans la culture moderne Postérité moderne
Le dicton « au gui l'an neuf », souvent présenté comme un cri rituel druidique, est d'attestation tardive et d'origine discutée. L'usage de s'embrasser sous le gui à Noël est une coutume anglo-saxonne documentée à partir du XVIIIe siècle, sans lien direct démontré avec les pratiques antiques4.