Structure de l'alphabet Analyse
L'ogham se compose de vingt lettres réparties en quatre groupes (aicmí) de cinq. Chaque lettre est formée d'un nombre variable d'entailles (de un à cinq) disposées d'un côté, de l'autre ou en travers d'une ligne de référence — généralement l'arête d'une pierre dressée. Un cinquième groupe de cinq lettres, les forfeda, fut ajouté ultérieurement pour noter des sons absents du système originel1.
Les noms traditionnels des lettres sont des noms d'arbres ou de plantes : beith (bouleau), luis (sorbier), fearn (aulne), saille (saule), nion (frêne). Cette nomenclature a donné naissance au concept — tardif et en partie spéculatif — d' « alphabet des arbres ».
Le corpus épigraphique Archéologie
On recense environ quatre cents inscriptions oghamiques, principalement en Irlande (surtout dans le sud-ouest : Kerry, Cork, Waterford), au pays de Galles, en Écosse et sur l'île de Man. La majorité sont des inscriptions funéraires ou commémoratives, du type « X MAQI Y » (« X fils de Y »), rédigées en irlandais primitif2.
Les inscriptions datent principalement du IVe au VIIe siècle apr. J.-C. Les pierres oghamiques du pays de Galles sont souvent bilingues, associant ogham et latin, ce qui a facilité le déchiffrement de l'alphabet au XIXe siècle.
Origine et datation Analyse
L'origine de l'ogham fait débat. L'hypothèse la plus répandue y voit une invention du IVe siècle apr. J.-C., peut-être inspirée par l'alphabet latin. D'autres chercheurs, comme James Carney, ont proposé une datation plus ancienne (Ier–IIe siècle). Le traité médiéval Auraicept na n-Éces attribue l'invention de l'ogham au dieu Ogma, ce qui relève de l'étiologie mythique3.
Ogham et druides Tradition médiévale
Les textes irlandais médiévaux associent parfois l'ogham à la magie et au savoir druidique. Dans le Táin Bó Cúailnge, le druide grave des ogham sur des baguettes de bois pour jeter des interdits. L'Auraicept na n-Éces présente l'ogham comme un savoir réservé aux initiés. Ces associations reflètent la vision médiévale plutôt qu'une réalité historique vérifiable4.