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Nemeton Encyclopédie du druidisme
Nature sacrée · Végétal

Plantes médicinales et magiques

Outre le gui, les auteurs antiques mentionnent plusieurs plantes que les druides utilisaient à des fins médicinales ou rituelles. Pline l'Ancien cite la verveine, la selago et le samolus, décrivant des cueillettes accompagnées de rites précis.

Relu par le comité éditorial Publié le 9 juillet 2026 Lecture ≈ 7 min

Les plantes de Pline Source antique

Pline l'Ancien, dans les livres XXIV et XXV de l'Histoire naturelle, décrit plusieurs plantes utilisées par les Gaulois avec des rituels spécifiques. La selago (identifiée au lycopode ou à la sabine) devait être cueillie sans fer, de la main droite passée à travers l'ouverture gauche de la tunique, le cueilleur étant vêtu de blanc et pieds nus après un sacrifice de pain et de vin. Le samolus (peut-être le mouron d'eau) était cueilli à jeun et de la main gauche1.

La verveine (verbena) était, selon Pline, une plante utilisée par les druides gaulois pour tirer les sorts, prédire l'avenir et prononcer des prophéties. Les Gaulois l'auraient ramassée au lever de la Canicule, après avoir offert un sacrifice à la terre de miel et de rayons.

Une pharmacopée réelle ? Analyse

Les descriptions de Pline posent un problème méthodologique : elles mêlent observations botaniques, pratiques médicales et croyances magiques, sans qu'il soit toujours possible de distinguer ce qui relève de la pharmacopée effective et ce qui appartient au rituel. Les interdictions portant sur le métal (pas de fer) rappellent le tabou de la serpe d'or et pourraient avoir une justification pratique (ne pas oxyder les sucs) aussi bien que symbolique2.

La médecine médiévale irlandaise, héritière en partie des traditions druidiques, a produit des textes médicaux en langue irlandaise qui témoignent d'une pharmacopée élaborée, mêlant plantes locales et savoir médical méditerranéen transmis par les moines.

Les textes irlandais et la guérison Tradition médiévale

Les récits irlandais attribuent aux druides et aux dieux des pouvoirs de guérison exceptionnels. Dian Cécht, médecin des Tuatha Dé Danann, fabriqua un bras d'argent pour le roi Nuada et possédait une source magique dans laquelle les guerriers blessés étaient immergés pour être guéris. Son fils Miach le surpassa en faisant repousser le vrai bras, ce qui provoqua la jalousie mortelle de son père3.

Selon un récit, toutes les plantes médicinales d'Irlande poussèrent sur la tombe de Miach, chacune correspondant à l'un de ses trois cent soixante-cinq nerfs et articulations.

Distinguer savoir et légende Analyse

La tradition attribue volontiers aux druides une connaissance encyclopédique des plantes. Mais il convient de distinguer ce que les sources attestent — quelques plantes nommées par Pline, des récits mythologiques irlandais — de ce que l'imagination moderne a construit. Les « grimoires druidiques » et les listes de « plantes sacrées des druides » qui circulent dans la littérature néo-druidique sont en grande partie des créations modernes4.

Notes & références

  1. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XXIV, 103–104.
  2. Jean-Louis Brunaux, Les Druides, Paris, Seuil, 2006.
  3. Proinsias Mac Cana, Celtic Mythology, 1970.
  4. Stuart Piggott, The Druids, London, Thames and Hudson, 1968.

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