Encyclopédie collaborative des traditions druidiques — 79 articles · antiquité celtique, sources & renouveau
Nemeton Encyclopédie du druidisme
Croyances · Panthéon gallois

Rhiannon

Rhiannon apparaît dans le Mabinogi montée sur un cheval blanc que nul cavalier ne peut rattraper à la course. Épouse de Pwyll puis de Manawyddan, injustement accusée d'avoir dévoré son propre fils, elle traverse deux branches du récit en figure de patience et de dignité outragée.

Relu par le comité éditorial Publié le 10 juillet 2026 Lecture ≈ 6 min

La cavalière insaisissable Tradition médiévale

Sur le tertre de Gorsedd Arberth, réputé pour montrer à quiconque s'y assied soit une merveille, soit des coups, Pwyll voit apparaître une femme montée sur un cheval blanc, avançant à une allure paisible. Il envoie ses hommes la rattraper : plus ils galopent vite, plus elle semble s'éloigner sans que son cheval accélère jamais. Trois jours de suite, la scène se répète, jusqu'à ce que Pwyll lui-même l'interpelle — elle s'arrête aussitôt et se nomme : Rhiannon, fille de Hyfaidd Hen, venue de son plein gré pour échapper à un mariage qu'on lui impose et épouser Pwyll1.

L'accusation et la pénitence Tradition médiévale

Devenue reine de Dyfed, Rhiannon met au monde un fils qui disparaît la nuit même de sa naissance : les six femmes chargées de veiller sur l'enfant, craignant d'être punies pour leur négligence, barbouillent Rhiannon de sang animal et l'accusent de l'avoir tué et dévoré. Sans se défendre, Rhiannon accepte la pénitence qu'on lui inflige : s'asseoir chaque jour près du bloc à chevaux à l'entrée de la cour, raconter son prétendu crime à tout visiteur, et lui proposer de le porter sur son dos jusqu'au palais comme le ferait une monture. Elle endure cette humiliation pendant plusieurs années, jusqu'à ce que l'enfant, recueilli et élevé par le seigneur Teyrnon qui l'avait trouvé, soit reconnu et lui soit rendu1.

᚛ La pénitence imposée à Rhiannon

« Elle devra rester assise chaque jour près du bloc, hors de la porte de la cour [...] et raconter cette histoire à quiconque viendra, en offrant de le porter sur son dos jusqu'à la cour. »

D'après la Première Branche du Mabinogi, tradition manuscrite galloise médiévale.

La captivité de la Troisième Branche Tradition médiévale

Devenue veuve de Pwyll, Rhiannon épouse Manawyddan, frère de Brân. Un enchantement frappe alors le Dyfed d'une brume qui fait disparaître toute présence humaine et animale hormis Manawyddan, Rhiannon et leurs enfants. Rhiannon et son fils Pryderi, s'approchant d'un caillou et d'un bassin d'or merveilleux apparus sur le tertre d'Arberth, se retrouvent à leur tour capturés et rendus invisibles, prisonniers d'un royaume enchanté. Manawyddan finit par démasquer et contraindre le magicien responsable, Llwyd fab Cil Coed, qui libère Rhiannon, Pryderi et le Dyfed du sortilège2.

Un rapprochement débattu avec Épona Analyse

Le nom de Rhiannon est généralement rattaché à une forme brittonique reconstituée *Rigantona, « la grande reine ». L'omniprésence du cheval dans son récit — apparition équestre, pénitence où elle mime une monture — a conduit plusieurs celtisants à la rapprocher de la déesse gauloise et gallo-romaine Épona, elle-même associée aux chevaux. Le lien direct entre les deux figures reste toutefois hypothétique : aucun texte ne les identifie explicitement, et la prudence s'impose face à une comparaison fondée sur un symbole partagé plutôt que sur une continuité attestée3.

Notes & références

  1. Sioned Davies (trad.), The Mabinogion, Oxford, Oxford University Press, 2007.
  2. Patrick K. Ford (trad.), The Mabinogi and Other Medieval Welsh Tales, Berkeley, University of California Press, 1977.
  3. Proinsias Mac Cana, Celtic Mythology, Londres, Hamlyn, 1970.

Méthode & prudence

Le rapprochement entre Rhiannon et Épona repose sur un symbole partagé (le cheval), non sur une identification attestée par les textes.

Notre charte éditoriale

Voir le panthéon complet

Rhiannon n'est qu'une des figures majeures du Mabinogi, principale source du panthéon gallois.

Panthéon gallois